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Après les incidents du week-end (3/4 février 2019) dans le quartier Berthe, le maire de La Seyne-sur-Mer adresse une nouvelle lettre ouverte au ministre de l'intérieur : "votre trop long silence est intolérable".

Ci-après l'intégralité de la déclaration de Marc Vuillemot  

 

Des morts et des blessés, des dégradations d'équipements publics et de biens privés, des familles terrorisées, des années de coûteux efforts de lutte contre la ségrégation urbaine et sociale ruinées en quelques instants, il ne se passe pas une semaine sans qu'un nouvel événement ne vienne pourrir la vie de nos concitoyens, la plupart du temps sur fond de trafic de drogue dans nos quartiers populaires fragilisés. Ça suffit.

Ce week-end encore, des coups de feu et un incendie ayant gravement endommagé la Maison des services publics ont accru la peur de nos habitants.

J'ai fait preuve d'une infinie patience après le remplacement de M. Collomb par M. Castaner aux fonctions de ministre de l'Intérieur en octobre dernier. D'abord pour donner le temps au nouveau responsable de la sécurité de la nation de prendre la mesure des enjeux, ensuite pour lui permettre de gérer la situation générée par le mouvement naissant des « gilets jaunes ».

Mais, quatre mois après, la crise sociale est durablement installée et probablement pas près de connaître son terme. La Seyne, comme Toulon et Hyères, victimes des mêmes actes délinquants et criminels, ne peut plus attendre.

Le silence du ministre de l'Intérieur est intolérable. La tranquillité publique et la sécurité constituent une mission régalienne primordiale dont l'État ne peut considérer qu'elle peut être sélective : on ne peut ignorer la détresse des braves gens en leur refusant les forces de l'ordre auxquelles elles ont droit et mobiliser en permanence des milliers de policiers face à un mouvement social.

TERRORISÉE, LA POPULATION EXASPÉRÉE NE PEUT PLUS ATTENDRE

M. Collomb avait confirmé sa venue chez nous, prévue la semaine même de sa démission. La cheffe adjointe de cabinet de M. Castaner m'a confirmé dès octobre lui avoir « expliqué l'intérêt d'un déplacement à [mes] côtés ». Depuis, c'est silence radio.

Je confirme l'exaspération de mes concitoyens. Et la mienne. J'ai rapporté dans un article de mon blog que le précédent ministre, une semaine avant sa démission, s'était rendu dans l'agglomération grenobloise victime de faits semblables à ceux que connaît la métropole toulonnaise.
Il y avait annoncé l'attribution à la police nationale de moyens humains et logistiques qui, comme chez nous, faisaient cruellement défaut. Ce n'est rien d'autre que nous attendons et, désormais, exigeons, en plus des moyens de prévention par l'éducation et l'insertion, hélas bien trop insuffisants aujourd'hui.

Les Seynois devront-ils se mobiliser pour faire entendre l'urgence de leurs besoins
de sécurité ?
Au risque, ce qui serait un comble lorsqu'on manifeste pour réclamer des forces de l'ordre, de se faire éborgner par un tir de lanceur de balles de défense ?...

 

 

Sur le même sujet, lire l'article :
Le maire et le contexte social

 

Lettre ouverte de Marc Vuillemot dans laquelle il demande à l'Etat de "revoir sa copie" (3/12/2018)

 

 Réception à l'hôtel de ville d'une trentaine  de lycéens de Beaussier
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