Beaucoup de Seynois connaissaient le professeur d'éducation physique qu'il fut à l'Institution Sainte-Marie, ou le maître d'arts martiaux dont il était un des pionniers varois. J'ai moi-même bénéficié de ses deux enseignements.

 

Mais relativement peu de nos concitoyens avaient connaissance du destin de Combattant de la Résistance de Claude Julians. Déplacé dans la Drôme, comme beaucoup de Varois devant se mettre à l'abri des bombardements en 1943, il s'engage à 17 ans auprès de maquisards du Doubs, puis participe à la fondation du maquis de Chartreuse, regroupant les corps francs et les Francs Tireurs et Partisans (FTP). Il sera ensuite, comme engagé volontaire, en première ligne dans les combats que mènera dans la Première Armée Française Libre du Général de Lattre de Tassigny. À la fin de la guerre, tandis que le général Schlesser l'invitait à faire carrière dans l'armée, il choisit plutôt de devenir moniteur-chef de close-combat.

 

 

Puis, du close-combat militaire, Claude Julians, retourné à la vie civile, passa au judo, au ju-jitsu, au karaté, à la self-défense. Ceinture noire 7ème dan de judo, il était l'un des plus hauts gradés du Var. Rigoureux avec lui-même (et avec ses élèves, j'en ai quelques souvenirs... cuisants), s'astreignant à une stricte hygiène de vie et un entraînement quotidien, il aimait à rappeler ses codes d'honneur : l'éthique, le respect des choses et des êtres, la sincérité, la loyauté.

 

Longtemps porte-drapeau de Rhin et Danube, il ne manquait jamais, fin juin, devant la stèle érigée au Cirque de Saint-Même, en Chartreuse, les commémorations à la mémoire de ses frères dans la clandestinité tombés pour la France. Je lui avais fait la surprise de l'y rejoindre il y a quelques années. Et il s'amusait à expliquer à ses camarades que plusieurs de ses élèves « avaient même fini... socialistes ». C'est dire !

 

La Seyne gardera la mémoire d'un très grand monsieur. Aux siens et à ses proches, le conseil municipal témoigne tout son respect et sa sincère compassion.

 

Marc Vuillemot