FABREGAS DOMAINE

 

Livré à lui-même pendant deux décennies avant d'être géré par le Conseil général puis être vendu au Conservatoire du Littoral, le domaine de Fabrégas est sur la voie d'une réhabilitation et d'une mutation profondes sous les actions du Conservatoire du littoral et de la Ville en matière d'environnement. Magnifique zone verte de 55 hectares, autrefois terre agricole, le domaine est à nouveau terre agricole depuis 2014 sur quelque 4 hectares.

Qu'est-ce que le domaine de Fabrégas ?


C'est une zone de 55 hectares constituée d'une bâtisse (autrefois demeure bourgeoise), de jardins et de bois. Elle fut aussi domaine agricole. 
La « parcelle » dédiée à l'agriculture est exploitée par Bruno Oberti et à vocation à produire bio. Les produits de la récolte sont vendus sur site (mercredi 17h/19h et samedi 9h/12h et alimentent également en partie les cuisines de la restauration scolaire.


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Quel est l'origine du nom ?


Depuis 2001, nous avons consulté d'autres spécialistes de la Provence et des noms de lieux provençaux, en particulier MM. René Merle et Henri Ribot. Henri Ribot est presque certain que Fabrégas dérive bien des mots latins faber, artisan, forgeron et fabrica, forge, devenu, avec un suffixe augmentatif, fabregas. Selon lui (en se référant à d'anciennes cartes de navigation), l'anse de Fabrégas aurait autrefois constitué un abri pour la navigation et il semblerait qu'il y ait existé un atelier de remise en état des bateaux ayant subi des avaries en doublant le Cap Sicié par temps de mistral. D'où le terme qui dériverait de fabrica.

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Discours de Marc Vuillemot, maire de La Seyne-sur-Mer
lors de la remise des « clés » à Bruno Oberti – Décembre 2014

 

Temps fort, avec beaucoup de monde, ce samedi, au Domaine de Fabregas. Il me revenait le plaisir de remettre solennellement à Bruno Oberti, le paysan bio retenu par un jury, les clefs de son exploitation.  En présence de Mireille Peirano, vice-présidente de Région chargée de l'agriculture et de la mer, de Gilles Vincent, conseiller général, de François Fouchier, délégué régional du Conservatoire du littoral, de nombreux collègues élus, d'associations et de concitoyens, l'occasion m'était donnée de rappeler les enjeux du projet, les partenariats, et le chemin parcouru en quatre ans pour ce projet désormais unanimement reconnu...

Ce n’est pas une coquetterie que de dire ma fierté aujourd’hui
Il y a quelques années en arrière, sans imaginer ce moment, je désespérais de voir disparaître ce domaine que les natifs seynois, les amoureux de Fabrégas ont toujours connu. Chacun s’est demandé ce qu’il allait devenir… Tous étaient pessimistes… et à juste titre ! Je ne reviendrai pas sur les divers projets immobiliers antérieurs auxquels nous avons échappé, mais je vous dirais qu’avec plusieurs amis nous avions, dans nos rêves, imaginé plusieurs possibilités qui préserveraient le site, sans savoir alors que les circonstances nous donneraient le loisir d’y réfléchir concrètement.

“Lorsque m'est revenu l’honneur de conduire les destinées de la ville, en 2008, ce dossier est naturellement remonté parmi les plus emblématiques. Et la décision de mise en vente du Conseil général, obligé de réaliser des actifs pour faire face à ses difficultés budgétaires, a hâté les choses.

Une démarche partenariale exemplaire
Et nous avons eu la chance de trouver alors des acteurs du service public impliqués, motivés, hardis, ambitieux… Ceux du Conservatoire du Littoral qui ont tout de suite mesuré l'enjeu et décidé d'acheter la propriété. Ceux du Département qui ont compris l'importance de vendre au Conservatoire plutôt qu'à un investisseur privé. Et ceux de la commune, chargée de la gestion, qui y ont d'entrée investi toute leur énergie, leur savoir-faire, et leur imagination.

Et, donc, aujourd’hui, nous franchissons une nouvelle étape : la remise des clefs à Bruno Oberti, notre exploitant agricole. Il a été choisi après qu’un appel à projet national a été lancé, et nous avons signé une convention à usage agricole.

Pour en arriver là, il a fallu faire renaître le Domaine de Fabrégas, ce désormais joyau du patrimoine naturel, historique et humain de notre commune. Il reste un rare exemple des anciennes campagnes agricoles offrant, après nettoyage et défrichage, une mosaïque de paysages, un aperçu remarquable des anciens lavoirs, moulins, canaux d’irrigation, puits, de la façon dont l’eau, bien précieux s’il en ait, était retenue, captée, conduite et répartie.

Je veux le redire. Sans la décision essentielle du Conservatoire du Littoral, propriétaire, rien n’aurait pu se faire. S’il nous a fait confiance et accompagnés, c’est que le projet de faire de ce magnifique domaine de près de 67 hectares un lieu ouvert à tous de découverte, de développement des sensibilités au à l’éco-gestion de la forêt et enfin à la production agricole qui soit durable et profitable, a séduit. Et cette dynamique partenariale est envisagée dans bien des domaines, nous le verrons.

 

Des produits bio pour les restaurants scolaires et les particuliers
Ainsi ce sont 9 hectares de friches qu'il est possible de remettre en culture biologique, avec d’abord une première parcelle de 3 hectares et demi sous l’objectif de valoriser une démarche de circuits courts notamment, je l’ai dit, avec notre restauration collective. Et Bruno s’emploiera aussi à faire vivre un point de vente directe, sur site, à destination des particuliers.

D’ores et déjà, à côté, une régie municipale développe un verger et un rucher pédagogique.

Tout cela a d’ailleurs valu à la ville d’être repérée comme « actrice du changement agricole » par l’Agence régionale pour l’environnement et l'écodéveloppement (ARPE), ainsi que le Réseau bio de Provence Alpes-Côte d’Azur.


Un lieu d'insertion professionnelle et de formation
C’est que nous avons aussi l’ambition, outre la préservation de l’environnement forestier littoral, la valorisation du patrimoine, de réaliser des chantiers d’insertion sociale et professionnelle, d’agir tout au long de la chaine agricole, de la production à la consommation. Nous nous positionnons comme un lieu de formation et de transmission des savoir-faire agricoles. Nous voulons soutenir une politique foncière au regard de la disparition des terres agricoles : c'est qu'il ne reste que cinq exploitations paysannes sur notre commune.

Nous contribuons avec ce domaine à accroître la biodiversité. Je ne reviendrai pas en détail sur le programme d’actions développées depuis maintenant 4 années. Vous l’avez tous de vos yeux vu. Juste un mot peut-être pour indiquer que de la moutarde blanche a été plantée comme un engrais vert pour piéger les nitrates et rendre le sol de nouveau fertile.

Voilà, je ne saurais terminer sans remercier nos partenaires le conservatoire du littoral, la DRAAF, la DDTM, la Région, le Département, la Communauté d’Agglomération Toulon Provence Méditerranée, la Chambre d’Agriculture du Var, l’association AGRIBIOVAR, ITANCIA le fonds de dotation pour la protection de la nature.

Une sacrée mission ! et même une... mission sacrée !
Oui, les choses avancent à Fabrégas, dans une belle coopération, avec les encouragements des institutions publiques, de vous, mes concitoyens qui toujours plus nombreux venez découvrir, comprendre et même participer aux opérations conduites sur le domaine. A La Seyne, il y avait les constructions navales et plus marginales les productions maraîchères… les deux ont cédé… désormais il y a peu de foncier agricole mais nous disposons d’une belle réserve d’idées et de volontés pour que nos enfants découvrent encore ce qu’est une exploitation agricole.

Eh bien, Bruno ! Te voilà en charge d’une sacrée mission, voire d’une mission sacrée : expliquer à nos enfants qui ne manqueront pas avec leurs professeurs de venir visiter sur le domaine ce que c’est qu’un légume bio, un légume produit sans excès, au rythme de la terre, et qui n’aura voyagé que de quelques centaines de mètres pour être dégusté dans les assiettes des restaurants scolaires.

Je suis donc très fier de te remettre ces clefs.

 


 

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Les infos du Conservatoire du littoral


Le Domaine de Fabrégas, d’une superficie de 55 ha, offre une mosaïque de milieux entièrement accessible au public.


C’est une famille de marins qui acquit les premières parcelles de terrains sur Fabrégas.


En 1867, leur propriété est revendue à M. Cornibert qui, après l’avoir étendue, la revend aux époux Negrel en 1875. 


Ces derniers compléteront cette campagne agricole par l’édification de la maison de Maître, avant de revendre le Domaine à M. Pellicot et Jauberten 1882, qui en étendent la superficie par l’acquisition du domaine rural des Moulières.


En 1884, ils partagent leurs terres. M. Jaubert en récupère la plus grande partie qu’il ouvre à l’urbanisation. Dans le même temps, il revend aux Pellicot la maison de Maître et les terres qui l’entourent, de même que le domaine des Moulières.


En 1924, M. Pellicot revend sa propriété à la Société Hôtelière et Immobilière Paris Provence. Elle est alors couverte de vignes, bois, arbres fruitiers, cultures maraîchères et fleurs.


A partir des années 1950, une activité de camping se développe sur des terrasses agricoles délaissées. Certaines seront toutefois exploitées jusque dans les années 1970.


• En 2002, le Conseil général rachète le domaine. A ce moment là, la société avait déjà revendu 22 ha pour la construction de lotissements. Le Conservatoire du littoral ne deviendra lui-même propriétaire du site qu’en 2011.

 

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Domaine de Fabrégas
Tél. 04 94 93 54 27
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