Faire des économies sur le dos des locataires et en l’occurrence les plus modestes, et hypothéquer l'équilibre financier des bailleurs sociaux en diminuant de 5€ le montant de l'APL par mois en leur demandant de prendre à leur charge cette baisse provoquent le tollé des maires de l'agglomération. Et Marc Vuillemot d'insister, encore une fois, dans la continuité des précédentes motions, sur le « désengagement massif de l'Etat, au détriment des plus démunis et des couches moyennes ».

Concrètement, quelle est la situation ?
Marc Vuillemot : Le gouvernement a annoncé la baisse des APL de 5€/mois dès la fin de l'année. Et le montant des APL pourrait encore baisser en 2018 de l'ordre de 50 à 60€/mois. En même temps, les locataires concernés sont informés qu'il y aura compensation. Les loyers seront diminués d'autant de manière à ce que les locataires ne soient pas lésés. On pourrait croire que cette opération « comptable » soit sans conséquence. C'est faux.


En fait, le gouvernement demande au bailleur social de prendre la relève ?
Marc Vuillemot : C'est exact. Et en ce qui nous concerne, c'est donc des finances et de l'avenir de Terres du Sud Habitat (Office HLM) dont nous parlons. Dans cette configuration (prise en charge de la baisse des APL) la baisse des recettes -pour l'Office- serait de près de 2,8 M €. Soit une dégradation de l’autofinancement qui serait très largement inférieur à 5%, alors que c'est le seuil de fragilité reconnu des organismes d’HLM par la Caisse des Dépôts et la Caisse de garantie de logement locatif social !
Notre office Terres du Sud Habitat risque tout bonnement de ne pas pouvoir financer le programme de rénovation urbaine sur lequel nous travaillons depuis des années avec les élus et qui est l’un des plus réussi du territoire.
Quant au Nouveau Programme National de Rénovation Urbaine du Centre Ancien (NPNRU), dans ces conditions, cela devient utopique !

 

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Des conséquences qui affectent notre modèle social en France ?
Marc Vuillemot : On peut dire qui révolutionnent la nature même du modèle social. Car les missions de l'Office sont impactées par les décisions gouvernementales. Moins de logements neufs, moins de rénovation, moins de réhabilitation, compression des crédits d’entretien et de réparation du parc existant, dégradation du cadre de vie et déséquilibre de fonctionnement de l'Office avec l'éventualité de sa disparition.

À La Seyne, comme ailleurs, ces sommes, constituées en bonne partie par l'argent des locataires eux-mêmes et des collectivités locales, et qui vont être ponctionnées, sont jusqu'à présent dédiées à la construction de nouveaux logements sociaux dont on a tant besoin, aux opérations de rénovation urbaine dont nous, Seynois, avons pu mesurer l'importance depuis dix ans, ou encore à la diminution du coût des quittances par des travaux de rénovation thermique, comme ont pu en bénéficier chez nous près de 2500 foyers, ou des modes de chauffage novateurs, écologiques et économes, ainsi que nous l'avons fait avec la création d'un réseau de chaleur pour nos immeubles du nord de La Seyne, désormais chauffés par l'usine d'incinération des déchets ménagers de Lagoubran.

Je lance donc un cri d'alarme. On ne peut laisser faire cette casse d'un dispositif qui a fait ses preuves, qui, comme à la Seyne, a su retrouver un équilibre financier qui serait entièrement remis en cause.
On ne peut laisser faire cette casse d'outils sociaux qui sont en réalité des outils utiles à tout le monde, à la société, à la République.

Quelles actions, sur le terrain, comptez-vous engager ?
Marc Vuillemot : C'est à la faveur d'un véritable cri d'alarme que j'appelle à la mobilisation solidaire des citoyens -de tous les quartiers- et à la mobilisation des locataires.
Et fort de ce soutien, je compte m'adresser :
- au gouvernement, par l'intermédiaire du Préfet (à qui nous porterons une lettre ouverte, mardi -17 octobre 2017- à l'occasion de la journée « Office fermé » de la Fédération nationale des offices d'HLM.
- aux parlementaires du Var dont notre députée.

Par ailleurs, notre Conseil municipal, tout comme le Conseil administration de TSH bien entendu, seront appelés à se prononcer. Je ne doute ni du bon sens, ni de la combativité, ni de la solidarité de l'ensemble de mes collègues élus, au-delà de leurs différences.

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